Rencontre avec Aurore Grosclaude

Enseignante de piano

Vous avez grandi musicalement au Conservatoire de Lausanne, d’abord en tant qu’élève, puis en Pré-HEM. Quels souvenirs gardez-vous de cette période et de ce qu’elle vous a apporté ?

Mon parcours au Conservatoire de Lausanne s’inscrit dans une logique de continuité : d’abord en effet comme élève, puis au sein de la section Pré-HEM, dont j’ai eu la chance de faire partie de l’une des premières volées. J’en garde un souvenir ému ! Cette période a été jalonnée d’une émulation artistique très saine, à la fois stimulante et exigeante, portée d’une part par la qualité de l’enseignement et d’autre part par les échanges entre les étudiantes étudiants. J’ai eu en outre le privilège d’être formée par des enseignant·es inspirant·es, notamment Magali Bourquin et Christian Favre, dont l’engagement pédagogique a joué un rôle déterminant dans mon développement artistique.

Depuis août 2024, vous êtes revenue au Conservatoire de Lausanne comme enseignante. Qu’est-ce que cela représente pour vous ?

Cette titularisation au Conservatoire de Lausanne représente pour moi une grande fierté et un réel bonheur. Enseigner à la Grotte 2, c’est aussi représenter l’institution et ses valeurs, auxquelles je suis très attachée. Après avoir suivi tout mon cursus, je suis ainsi heureuse de pouvoir à mon tour participer activement à la vie pédagogique du Conservatoire de Lausanne !

Votre parcours vous a menée de Lausanne à Paris, Bâle ou encore Cologne. Qu’avez-vous retiré de ces différentes rencontres et expériences ?

Ces étapes entre la Suisse, l’Allemagne et la France m’ont permis de rencontrer des personnalités artistiques passionnantes et d’évoluer dans des environnements musicaux très variés et complémentaires. Ces années ont également été marquées par une pratique intensive de la musique de chambre, dont j’affectionne tout particulièrement la richesse du répertoire. J’ai également eu l’occasion de me produire à plusieurs reprises tant que soliste, en récital comme avec orchestre.

Vous menez actuellement un doctorat en interprétation musicale. Qu’est-ce qui vous motive dans cette recherche et comment nourrit-elle votre pratique ?

Je réalise actuellement un PhD au Collège doctoral Glarean, une structure franco-allemande qui relie l’Université de Strasbourg et la Musikhochschule de Freiburg. Ma thèse porte sur la pédalisation dans l’œuvre pour piano de Robert Schumann, en tant qu’élément de spatialisation. Cette recherche s’inscrit dans une réflexion plus large sur l’esthétique romantique et la conception schumannienne de l’espace sonore comme objet poétique et pluridimensionnel. Ma pratique d’interprète se trouve ainsi nourrie par ces questionnements, me permettant ainsi d’approfondir encore les œuvres et leur contexte artistique, notamment dans la préparation de récitals et de concours.

Y a-t-il un moment vécu avec vos élèves, ou un moment musical « suspendu », qui vous a particulièrement touchée ?

Récemment, voir mes élèves sur scène lors du spectacle célébrant les 20 ans de la structure Musique-École a été un événement particulièrement mémorable, d’autant plus émouvant que j’ai moi-même fait partie de l’une des premières cohortes de cette structure. De manière générale, accompagner l’évolution de mes élèves est une source de joie immense. J’apprends en effet chaque jour à leur contact, tant sur le plan humain que musical. Observer leurs progrès et partager des moments avec eux sont pour moi des instants précieux.

Et lorsque vous ne faites pas de musique, qu’est-ce qui vous ressource ?

C’est avant tout la nature qui m’apporte un véritable équilibre. La randonnée me permet de développer une autre forme d’écoute, peut-être encore plus fine. La lecture joue également un rôle prépondérant dans ma vie. Sans oublier mes deux chats, qui savent très bien me rappeler quand il est temps de faire une pause !

Et, pour terminer, souhaiteriez-vous partager quels sont les trois titres de votre playlist du moment ?

Avec plaisir ! Je citerais les Six Études canoniques pour piano à pédalier de Robert Schumann, l’album «Same Girl» de Youn Sun Nah et le Cantique de Jean Racine de Gabriel Fauré.

  1. 6 Studien in kanonischer Form op. 56, Robert Schumann

  2. «Same Girl», Youn Sun Nah

  3. Cantique de Jean Racine op. 11, Gabriel Fauré

Enseignante de piano

Partager la page :


Newsletter du Conservatoire de Lausanne
Abonnez-vous et recevez nos dernières actualités !

S'abonner